Tout laisse penser qu'Ibos était un enclos ecclesial organisé aux XIe-XIIe siècles. Il s'agissait d'un regroupement de l'habitat dans l’espace sacré qui entoure l’église, où il était interdit, sous peine d'excommunication, de s'attaquer à qui que ce soit. Face aux violences, les vivants se sont placés sous la protection des armes spirituelles de l'Eglise. Le droit d'asile s'exercait dans un rayon de taille variable autour des églises. Les Iboscéens étaient généralement enterrés dans l'église ce qui laissait plus de places libres pour bâtir les maisons dans l'enclos dont faisait partie le cimetière. Le Cartulaire de Bigorre mentionne un casau nommé Galicie deu cimeteri ( XIIe siècle ? ). Le noyau primitif est bâti en sur un sol sablonneux qui permet à l'eau de s'infiltrer, évitant ainsi les inondations. Le puits est creusé à la limite du premier enclos.
En 1285, Ibos est dénommé castrum et villa, le texte précise cum muris, portis, portalibus, pontibus, fossatis, antefossatis, barbanis et liciis. Le village était donc fortifié. Un portail devait se situer à l'Est sur la rue au tracé radial et peut-être un deuxième sur la place qui était celle du marché (un mardi tous les quinze jours) et des deux foires annuelles (à la Saint-Jacques et à la sainte-Catherine) en vertu de privilèges donnés par le comte. Le cours du Mardaing a été dévié pour fermer le Bourg comme le prouve son tracé en baïonnette au Sud et au Nord de la place. Il a été canalisé dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Certaines maisons semblent garder la trace de fortifications.




   

La position stratégique d'Ibos à la frontière du Béarn et aux portes de Tarbes, n'est sûrement pas étrangère au fait que la comtesse de Bigorre concède une charte de privilèges aux Iboscéens en 1180. Ceci contribua à les attirer. Ibos compta 220 feux (foyers) en 1300, 247 feux fiscaux (chefs de famille payant des taxes au comte) en 1313 et 192 feux allumants (réels) en 1429 après la crise démographique du milieu du XIVe siècle. L'importance numérique de la population, en comparaison de Tarbes et Bagnères qui avaient 800 habitants en 1300, explique en partie la taille de l'église.
L'habitat est groupé autour de l'église depuis le Moyen-Age. Le village a une forme circulaire. Deux rues sont disposées en cercles concentriques. L'église, au centre du village, est entourée du cimetière qui est limité par une rue circulaire. Ce premier espace a un rayon de 37 mètres environ. S'agit-il du Castet mentionné en 1429 et qui ne comptait que quatre maisons ?


Le vieux cimetière a été agrandi en 1857 donc la rue qui l'entoure n'avait pas tout à fait le tracé que nous lui connaissons aujourd'hui.
Elle a remplacé le fossé qui protégeait le premier enclos médiéval.
Le second espace circulaire, extension plus récente, est lui-même encerclé par une rue de 85 mètres de rayon.
Les maisons sont accolées. La fortification de cet enclos devait être constituée par les murs aveugles des maisons et par le fossé qui est aujourd'hui recouvert par la rue. Le Bourg rassemblait 43 maisons en 1429.




















   
La rue a remplacé le fossé qui protégeait le premier enclos médiéval.
Le second espace circulaire, extension plus récente, est lui-même encerclé par une rue de 85 mètres de rayon.
Les maisons sont accolées. La fortification de cet enclos devait être constituée par les murs aveugles des maisons et par le fossé qui est aujourd'hui recouvert par la rue. Le Bourg rassemblait 43 maisons en 1429.


Les fermes ont une cour fermée par les bâtiments disposés en L et par la ferme voisine.

               

                 


Les portails monumentaux montraient la richesse de la maison. Leurs vantaux (battants) en bois étaient surmontés d'un toit qui les protégeait de la pluie.

       

                              

              


La façade est formée d'un mur gouttereau (qui a une gouttière). Les ouvertures y sont disposées de manière régulière, symétrique. La façade est ordonnancée, d'esprit classique.
Les murs des bâtiments d'habitation sont recouverts d'un enduit pour assurer l'étanchéité et une meilleure isolation.
La maison a un plan rectangulaire. La pièce à vivre (cuisine-salle à manger) était séparée de la chambre par le couloir donnant sur la porte d'entrée. Les boiseries des portes sont parfois sculptées.
Les encadrements des portes et fenêtres sont réalisés en pierre taillée bleu. Les linteaux en arc de cercle et en anse de panier datent surtout des XVIIe et XVIIIe siècles alors que les linteaux droits datent du XIXe siècle.
Une corniche souligne la forme du mur pignon (petit côté). Ses denticules font un jeu d'ombre et de lumière.
Le souci de ménager les transitions, d'adoucir se remarque lorsque le mur pignon est à croupe faîtière ou qu'une corniche est entre le mur et le toit recouvert d'ardoises. Les toits portent des lucarnes, parfois à capucine.


        



Remplaçant les abattoirs, la mairie est une belle construction de style classique datée de 1878. Sa façade est rythmée par des pilastres et des chaînages d'angle en pierre de taille d'Arudy. Des bandeaux en pierre apparente découpent la façade dans le sens horizontal. Un angle de l'ancienne place du marché conserve un abri dit la "halle", à usages multiples. Il a été refait en 1897 et a été flanqué d'une remise pour la pompe à incendie. Les poteaux en chêne sont posés sur des socles en pierre de taille. Le réaménagement de la place est à mettre au crédit du docteur Lacoste, maire d'Ibos dans la deuxième moitié du XIXe siècle.






        
Les sgalets ont disposés en épi, en arêtes de poisson, en feuille de fougère.
Les chasse-roues évitent d'abîmer les piliers en pierre de taille.
Les galets ocres ne sont apparents que pour les murs des clôtures et des bâtiments d'exploitation. Ils alternent avec des arases de brique.







  La chapelle Saint-Roch a peut-être remplacé celle de Saint-Sever dont le bourg rectangulaire est situé au Nord de la chapelle. Le bourg Sent-Sever comptait 30 maisons en 1429. Un lieu-dit Sen-Sever existe également au Sud-Est du village, où se trouve le nouveau cimetière. Ce quartier a un parcellaire géométrique. S'agit-il des champs (casaus) que les colons recevaient au Moyen-Age en même temps que l'emplacement pour construire leur maison lors de la fondation d'un bourg doté de privilèges ou s'agit-il de l'un des anciens noyaux d'habitat ? En effet, Sen Sever était une des cinq abbayes laïques (abadies) "qui semblent correspondre, d'après leur hagiotoponyme, à de très anciennes églises primitivement implantées dans un terroir polynucléaire" ( Benoît Cursente). L'abbé laïc percevait des droits et il avait le droit de nommer le prêtre. L'habitat s'est regroupé autour de Saint-Laurent aux XIIe et XIIIe siècles.
Saint Sever est prêtre local du Ve siècle alors que le culte de Saint Roch s'est surtout développé en Bigorre pour contrer les pestes du XVIIe siècle. La chapelle actuelle date de cette époque. Son clocheton à courbe et contre-courbe est caractéristique de l'art baroque. Deux pilastres encadrent la porte. Les barreaux de section carrée de la façade sont disposés en losange afin que l'ombre et la lumière jouent différemment donnant l'impression que trois nuances de couleur alternent.

  



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