Extrait d'un article paru sur La Gironde, d'une lettre de M. Vaussenat, ingénieur civil des mines, le compagnon du général de Nansouty dans la création de l'observatoire du Pic du Midi de Bagnères-de-Bigorre (1 février 1882).
  Genèse du lieu :
  Une place important dans la connaissance des Pyrénées fut tenue par le Pic du Midi. Début XVIII° siècle une étude réalisée par Mrs Vidal et Reboul eut pour cadre le Pic du Midi.
  Les Pyrénées offrent, aux recherches des Physiciens et des Naturalistes, le théâtre le plus vaste, le plus riche et le plus varié, et elles ont souvent attiré l'attention des Savants, excités par le voisinage de ces belles montagnes, semble se les être appropriées. Plusieurs Académiciens, dans leurs fréquens voyages, y vont successivement interroger la nature.
  Parmi les Philosophes, Montesquieu et J. J. Rousseau sont ceux qui ont tiré les plus grandes inductions de l'infìuence du physique sur le moral. M de Puymaurin fils, voulant savoir par lui-même ce que les climats opéraient sur les peuples, après avoir parcouru différentes parties des Pyrénées, lut à l'Académie un Mémoire sur les moeurs et l'histoire des habitants de ces contrées.
  D'un autre côté, MM. de La Peyrouse et Reboul approfondissent la constitution physique de ces montagnes; et tandis que l'un observe avec le plus grand soin leurs végétaux (plus de huit cents espèces de plantes les plus rares des Pyrénées), l'autre luttant contre les dangers, gravit les roches les plus escarpées, et mesure les hauteurs et les distances des pics les plus élevés.
… J'ai passé, comme de coutume, le premier jour de l'année avec le général de Nansouty, au sommet du Pic du Midi. Notre construction est complètement achevée. Le premier octobre 1881, nous avons définitivement abandonné la station Plantade et le col de Sencours, où se sont faits sept hivernages complets et consécutifs, et nous nous sommes installés dans la confortable construction du sommet après l'avoir convenablement outillée en meubles, ustensiles et provisions de toutes sortes. Sur le devant de notre palais aérien s'étend la terrasse du Club-Alpin ; elle est fort belle et, avec son grand mur de 25 mètres de long, elle donne à la crête un aspect de forteresse; sa largeur de 12 mètres nous constitue un promenoir et un dégagement considérable. Une autre terrasse presque aussi grande a été établie à l'est, et enfin deux autres terrasses, mais plus petites, ont été établies au nord, sur les précipices d'Arise.
Nous nous sommes ainsi construit un plain-pied d'environ 30 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur. De plus, nous avons opéré à travers les roches, au nord et à l'ouest, des dégagements horizontaux qui facilitent l'accès de l'habitation.
  Enfin, tout le sous-sol a été dallé en ciment Vicat. Nous en avons employé 35 000 kg. Puis, et cela a été notre principal travail, nous avons établi entre l'habitation et la plate-forme des instruments une longue construction servant de passage couvert et renfermant, en outre, un atelier (forge, menuiserie et laboratoire), une écurie et des magasins elle se termine par un escalier couvert de 24 marches, accédant sur la plate-forme où les instruments sont installés et fonctionnent très régulièrement.
  Le câble télégraphique souterrain a été amené jusqu'au sommet, et nos communications journalières ainsi que l'envoi des observations n'ont encore été interrompus par aucun des orages qui se déchaînent sur les flancs du Pic. Nous devons cette immunité aux trois parafoudres installés sur les points suspects du parcours.
  Jusqu'à présent, et bien qu'il y ait eu des amoncellements de neige, il n'y a pas encore eu d'isolement de notre colonie chaque semaine, nos émissaires y ont monté les lettres, journaux, brochures livres et vivres. Le froid n'a pas encore été très vif, et n'est pas descendu au-dessous de - 22° que nous avons eu fin novembre. Les observations sont excessivement intéressantes. Le séjour et le travail y sont incomparablement plus agréables qu'à Sencours, malgré l'excédent de hauteur. La vue, comme vous le savez, est admirable et le spectacle varie à chaque minute du jour. Les nuits y sont étincelantes de lumière et de clartés stellaires.


   Crédit accordé pour l'observatoire du Pic du Midi (27 juillet 1882).
La Chambre des Députés à examiner les demandes de crédit formées pour la construction et l'entretien de quelques-uns de nos grands établissements scientifiques, dont la cession à l'État, moyennant 80 000 francs, de l'Observatoire du Pic-du-Midi. M. Paul Bert, dans un discours chaudement éloquent bien qu'il fût question des neiges et des glaces des Pyrénées, a exposé à la Chambre les avantages considérables que présente ce poste dont la situation est unique en Europe, au point de vue des études à faire sur la météorologie, la physique du globe, les applications des signaux de guerre et de marine sur une base de plus de 200 Km, et les avertissements à donner à toute la région en cas d'inondation. L'établissement créé grâce à la persévérance du général de Nansouty, vaillamment aidé par M. l'Ingénieur Vaussenat, peut rivaliser avec les plus utiles stations du Signal corps américain; des savants distingués, MM. Janssen, Mascart, Muntz, Aubin, le colonel Perrier, etc., y font et projettent d'y accomplir les plus intéressants travaux. Par acclamation la Chambre des députés a accordé le crédit de 80 000 francs demandé pour l'observatoire : sur cette somme 50 000 francs sont destinés à couvrir en partie les sacrifices faits pour la construction. Le complément de 30 000 francs sera inscrit au budget pour l'entretien régulier de ce nouvel observatoire national.
Travaux à Sencours.
   Communication de Mr G. RICHOU, Ingénieur des Arts et Manufactures.


 Pic du MIDI : "II est dirigé, nous écrit-on, par le général de Nansouty qui y brave toute l'année les plus effroyables tempêtes dans l'intérêt de la science et de la sécurité publique. L'ancien observatoire, situé plus bas, fut violemment ébranlé, le 11 décembre 1874, par un tremblement de terre dont les trépidations rendirent le local inhabitable et que MM. de Nansouty, V. Baylac et Brau durent évacuer au péril de leurs jours. En mars 1879, une avalanche emporta et broya l'observatoire, dont les habitants s'échappèrent par miracle. Le nouveau bâtiment, situé au sommet du pic du Midi et achevé maintenant, grâce au concours de l'Etat et surtout aux offrandes de nombreux donateurs venus en aide au général de Nansouty, se compose d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Le rez-de-chaussée est distribué en plusieurs salles où l'on renferme les approvisionnements de toute nature. Au premier étage se trouvent un magasin, un salon, trois chambres à coucher, dont une réservée aux visiteurs, un cabinet de travail et un bureau télégraphique. Ainsi installés, les courageux observateurs du pic du Midi n'auront plus à craindre d'être troublés pas les avalanches et les tempêtes terribles qui non seulement emportaient leurs instruments de travail, mais mettaient nuit et jour et à toute heure leur existence en danger."


Source : "La bibliothèque Universelle et revue Suisse" -1882 - p 345
Les batisseurs :
Charles Marie Etienne Dubois Champion de Nansouty et Célestin Xavier Vaussenat, le 1° octobre 1881.
  Un précédent article de M. Vaussenat a déjà fait connaître l'importance exceptionnelle de l'Observatoire du Pic du Midi fondé, à ses risques et périls, par le général de Nansouty ; on n'a pas oublié l'hivernage de sept années devant lequel ce savant intrépide ne recula pas, pour démontrer la possibilité d'établir un poste météorologique dans la situation sans pareille que le nouvel Observatoire occupe aujour-d'hui. Grâce a sa position avancée en dehors du massif pyrénéen, cet établissement est, en effet, destiné à devenir la sauvegarde de toute la région du sud-ouest. Nous insisterons tout particulièrement dans cette étude sur la construction même des bâtiments qui servent d'abri aux opérateurs, installation dont l'État vient d'accepter la cession que lui en a faite le général de Nansouty.
Le choix de l'emplacement a été dicté par une profonde connaissance des conditions générales de l'hivernage en pays de montagne, et spécialement par l'expérience acquise pendant les hivernages consécutifs à l'hôtellerie du col de Sencours, situé au-dessous du Pic, à 2366 mètres d'altitude. Ce col, défilé de tous les vents et des nuées venant depuis le sud jusqu'à l'ouest, présente, à la vérité, un certain espace, préservé, par le mamelon Plantades, du choc des avalanches ; c'est là qu'on avait construit l'hôtellerie, mais elle était encore exposée aux embruns et aux neiges farineuses qui accompagnent les coulées de neige. Il fallut donc s'installer au sommet même du Pic, et comme la crête ne présentait pas une surface suffisante pour encastrer le bâtiment dans le roc, on a pratiqué à la mine une fouille de 30 mètres de longueur sur 10 de largeur et 4 de profondeur moyenne.
  Sur un des pitons de la crête, à une distance de 30 mètres du bâtiment principal, on a dressé une plate-forme destinée aux instruments extérieurs de   l'observatoire. Cette plate-forme est surmontée d'un abri du genre de ceux dits de Montsouris.
L'habitation proprement dite, dont les murs ont 0,50 m d'épaisseur, est isolée de l'extérieur par une enveloppe de protection. Elle se trouve ainsi à l'abri du contact du rocher et de celui des neiges d'hiver dont la hauteur atteint fréquemment le sommet des toits, et le dépasse même quelquefois, surtout dans la partie exposée au Nord. Cette enveloppe est formée par des murs de 1,15 m d'épaisseur au rez-de-chaussée et de 0,90 m à l'étage supérieur. Les murs sont implantés à 1,15 m de distance tout autour de l'habitation, de sorte que celle-ci est pourvue d'un chemin de ronde, couvert, de 1,15 m de largeur. Au Sud, il sert de promenoir; à cet effet il est percé de fenêtres qui laissent pénétrer le soleil de 8 heures du matin à 4 heures du soir; à chaque fenêtre correspond la porte vitrée d'une des chambres du bâtiment. Il constitue sur les autres faces un magasin pour les approvisionnements encombrants, tels que coke, bois de chauffage, outils, etc. En outre la façade nord présente trois meurtrières destinées à la ventilation. Trois chambres ont accès sur les magasins, et une porte située à l'Est permet d'y arriver de l'extérieur.
  Le chemin de ronde précité, ou corridor, est couvert par une voûte en plein cintre, dans toute son étendue. Pour les chambres voûtées également on a adopté la forme ogivale afin d'obtenir un plus grand cube d'air. La hauteur sous clef est de 3,25 m dans le corridor et de 7 m dans les chambres. Les voûtes, construites en moellons piqués, ont 0,80 m d'épaisseur; elles sont revêtues d'une chappe en mortier hydraulique de 0,10 m. Le revêtement de ces voûtes qui parachevait la couverture de ces bâtiments a été l'objet d'une étude minutieuse, car c'était la partie la plus intéressante de la construction au point de vue de sa préservation; elle devait en effet répondre aux desiderata suivants :
          1° Présenter une adhérence suffisante pour résister à des coups de vent dont la pression atteint jusqu'à 250 kilogrammes par m² ;
          2° Ne pas emmagasiner l'eau, qui, avec les gelées, détruirait la matière employée et ferait éclater les voûtes ;
         3° Se composer de matériaux capables de résister, soit par eux-mêmes, soit par leurs liaisons, à des écarts de température de plus de 100°, la chaleur emmagasinée en été s'élevant à 600, et le froid pouvant atteindre -45° comme l'a observé le général de Nansouty pendant l'hiver de 1874-1875 ;
          4° Enfin la nature des matériaux devait être telle qu'elle ne pût altérer ni infecter les eaux pluviales recueillies dans les citernes et destinées à l'alimentation. Pour obtenir ces divers résultats, on a fait usage de deux sortes de couvertures : Sur la pente nord, on a employé des dalles d'ardoise provenant des carrières de Labassère ; elles ont 0,80 m de longueur sur 0,60 m de largeur et 0,03 m d'épaisseur. Elles sont posées à recouvrement de 0,05 m de chaque côté, et retenues par un fort crochet en fil de fer n° 6 dont la patte est enfoncée de 0,05 m dans le mortier frais de la chappe des voûtes. La pente sud est couverte par des tuiles vitrifiées très épaisses, cuites à deux feux. Elles ont été fournies par l'usine Oustau et Cie de Tarbes et sont du même modèle que celles qui couvrent les bas côtés du Palais du Trocadéro. Ces tuiles sont également noyées à bain de mortier comme les dalles précédentes. Malgré le recuit qu'on leur a fait subir, elles offrent moins de résistance aux écarts de température que les dalles d'ardoise, et on prévoit qu'il faudra adopter uniquement ces dernières pour toute la couverture.
  Nous ne décrirons pas l'installation des appareils de protection contre l'électricité atmosphérique absolument indispensables en pareil lieu. Deux citernes en ciment de Grenoble et d'une capacité totale de 50 mètres cubes sont établies à l'est et à l'ouest en dehors du bâtiment et assurent l'alimentation en eau potable. Les murs qui les entourent ont 0,50 m d'épaisseur et elles sont recouvertes de voûtes en béton de 0,45 m.
Le bâtiment d'habitation mesure 26 mètres de long sur 7,50 m de largeur hors d'œuvre.
  Pour donner une idée de la difficulté des travaux, nous allons résumer la progression qu'ils ont suivi annuellement.
  De 1874 à 1876, les fonds arrivant lentement on dut se borner à préparer l'emplacement de la construction, c'est-à-dire creuser dans le roc vif la fouille de 30 m x 10 m x 4 m dont nous avons déjà parlé. Ce travail s'exécuta avant la prise du chantier par l'entrepreneur, et fournit 120 mètres cubes de moellons qu'on conserva précieusement. Enfin, en 1879, un courageux entrepreneur M. Abadie, dont le nom mérite bien de figurer à côté de ceux des fondateurs, consentit à se charger de la construction que deux de ses confrères, rebutés par les difficultés énormes qu'elle entraînait, avaient cru devoir abandonner.
  Etablissement de la ligne téléphonique.
  L'Observatoire du Pic du Midi, dirigé par le général de Nansouty, communique avec le bas pays et avec l'Observatoire de Paris par un fil télégraphique. C'est pour la météorologie, qui se sert si utilement aujourd'hui de la vitesse de l'électricité, un résultat important. Si ce télégraphe avait été posé en 1875, Toulouse aurait pu être prévenu deux jours avant l'arrivée de la crue de la Garonne. L'établissement de ce fil télégraphique a commencé à être mis à exécution au mois de septembre 1877. Le travail s'est effectué au milieu d'assez grandes difficultés, tenant aux pentes abruptes et à la saison peu favorable. Les poteaux ont du être portés à leur place à dos d'homme, sur une longueur de plus de dix kilomètres, sur des pentes extrêmement abruptes et au milieu de la neige. Beaucoup de ces poteaux pesaient de 170 à 185 kilogrammes.

  Biographie de Célestin-Xavier Vaussenat.
  La légende qui s'est faite sur la création de l'observatoire a surtout auréolé le général de Nansouty, compagnon de lutte du vaillant Dauphinois devenu Pyrénéen d'adoption. Le général dut pourtant à Vaussenat la plus grande part de sa gloire. Vaussenat est volontairement resté dans la pénombre, tout en menant l'œuvre à bonne fin. Le modeste ingénieur de Bagnères savait que son nom ne suffirait pas à attirer les bonnes volontés et que beaucoup de ses concitoyens, loin de l'aider, l'auraient jalousé. Il eut l'habileté d'intéresser à l'idée dont il était hanté le hardi soldat qui rongeait son frein dans la monotonie d'une retraite anticipée et trompait sa misanthropie en étudiant les mollusques pyrénéens. L'héritier d'un des noms illustres de la France militaire, le cavalier ardent qui rappelait si noblement le souvenir du grand sabreur des armées de Napoléon, se mettant en tête de créer un observatoire à près de 3 000 mètres d'altitude, quelle garantie de succès !

  Et, de fait, le succès vint. Le général monta s'installer au pied du cône terminal, dans la pauvre hôtellerie de Sencours, y passa de longs hivers en compagnie d'instruments qu'il dut apprendre à manier. Pendant ce temps, Vaussenal s'en allait par les villes, faisant des conférences, frappant à toutes les bourses, réunissant de premiers fonds et, les premiers beaux jours venus, montant au Pic avec une escouade d'ouvriers, commençait les travaux, déblayant la plate-forme, creusant les fondations, bâtissant à l'aide de mortier dont on devait amener de loin les matériaux : sable et chaux des vallées profondes, eau du lac d'Oncet. Le général était là. activant les ouvriers ; quand l'argent des sous-

criptions manquait, il ouvrait sa bourse. Lorsque les neiges chassaient les apôtres et leurs aides, le général redescendait à Sencours et Vaussenat, reprenant son pèlerinage auprès des météorologistes, des sociétés savantes, des pouvoirs publics, cherchait à intéresser les foules. L'œuvre put aboutir, mais les deux collaborateurs y avaient englouti chacun une part de leur patrimoine. Chacun a droit à la même admiration et à la même reconnaissance; pourtant c'est à Nansouty qu'est allée la faveur populaire, le grand artisan de l'œuvre était à peine soupçonné; l'érection de son buste à côté de celui du général, au-dessus de la porte d'entrée de l'observatoire fut une stricte mais tardive justice.

  On a dit que Vaussenat avait été le bras de l'entreprise, il en fut aussi le cerveau. L'idée elle-même n'était pas neuve : elle hantait les esprits parmi les adeptes de la société Ramond, l'activé académie pyrénéiste, mais d'une façon assez imprécise. Déjà, à la fin du XVIIIe siècle, l'illustre d'Arcet, séduit par la fière montagne, avait obtenu promesse de quatre-vingt mille livres pour installer « d'habiles physiciens » au sommet. La Révolution empêcha de réaliser ce projet. En 1854, le docteur Costallat créait à Sencours, à 500 mètres au-dessous du Pic, un refuge que l'on baptisa « hôtellerie » et qui devait servir de station météorologique. Mais cela n'était pas la cime. Vaussenat voulut aller plus haut; il sut gagner à son idée Sainte-Claire-Deville qui projetait d'établir une station à Bagnères, et fort de cet appui, il commença son entraînante campane vers 1872. Sa part. dans l'œuvre fut donc "prépondérante, mais celle-ci n'aurait pu être menée à bien si le général de Nansouty ne lui avait donné l'appui de son nom et n'avait sur excité l'intérêt des foules par ses hivernages à ces rudes altitudes, dans l'hôtellerie Plantade, si peu organisée pour un séjour d'hiver.

  Vaussenat n'était pas Pyrénéen : il naquit à Grenoble, en 18S7, d'une humble famille d'ouvriers. Admis comme boursier à l'Ecole des arts et métiers d'Aix, il fut, en sortant, attaché à des travaux de recherches de métaux en Savoie. Appelé aux Pyrénées pour y diriger une affaire de mines il s'y fixa, épousa à Bagnères une nièce de ce général Maransin dont le nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe. Voilà comment les noms de deux héros de la Révolution et de l'Empire, Maransin et Nansouty, sont évoqués par le Pic du Midi de Bigorre. L'énergie de Vaussenat ne se borna pas à la création de l'observatoire, nul n'a mieux prêché que lui les œuvres de mutualité, des associations pastorales, de l'enseignement populaire. Son œuvre de conférencier et de vulgarisateur est considérable; elle est restée ignorée; le théâtre était trop étroit pour cette activité. Nommé directeur en titre de l'observatoire du Pic, quand, en 1882, celui-ci fut remis à l'Etat, par ses deux fondateurs, il y vécut jusqu'en 1831 ; tombé malade au sommet, il dut être descendu a Gripp. Un de ses porteurs fit un faux pas... Vaussenat lui précipité sur les pentes glacées de celle montagne qu'il avait tant aimée, qu'il avait dotée d'un établissement superbe. Transporté à Bagnères, il y succombait huit jours après, ayant repris toute sa connaissance et faisant de nouveaux projets.
Source : M. Ardouin-Dumazet, son cousin, in "Voyages en France" livre 40 -1904
  Eboulement au Pic du Midi (9 juillet 1922).
  L'observatoire du Pic du Midi vient d'être éprouvé par un éboulement qui a emporté une partie de ses terrasses. Les réfections seront coùteuses à cause des difficultés que présentent les travaux effectués à cette altitude. Elles sont évaluées à 200 000 francs par les Ingénieurs des Ponts et Chaussées. La remise en état s'impose dans l'intérêt général de la science et dans l'intérêt pratique des agriculteurs de la région. Ceux-çi ont demandé l'installation dans l'observatoire d'un poste puissant de téléphonie sans fil qui permettrait de transmettre les avis utiles jusqu'à des distances de 300 km.
Avant l'éboulement
L'éboulement

Aujourd'hui
  Vaussenat disait : "La nuit c'est d'une beauté sans pareille, parce qu'au ciel d'en haut semble répondre un ciel d'en bas. Les lumières des villes apparaissent avec une incroyable netteté; on reconnaît les cités à leurs rangées de becs de gaz; on voit dant la plaine devenue un firmament inférieur passer comme des étoiles filantes : ce sont les fanaux des locomotives et cela loin, bien loin, a travers les landes elles-mêmes."
Source : Voyage en France, Livre 40, Ardouin-Dumazet, 1904
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